31 ene 10

Les sacrifices humains ont-ils existé chez les Gaulois ? Plan de la page :
- Le sanctuaire de Gournay-sur-Aronde
- Le trophée de Ribemont-sur-Ancre

- Les sacrifices humains d’Acy-Romance :

- Les sacrifices humains ont-ils existé chez les Gaulois ?
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http://jfbradu.free.fr/celtes/les-celtes/savoir-plus-sacrifices-humains.php3

Vers Neuvy

- Le sanctuaire de Gournay-sur-Aronde (Oise)

http://www.culture.gouv.fr/fr/arcnat/aerien/imgs/sanctuaire.jpg

Jean-Louis Brunaux dirige les fouilles depuis plusieurs années sur ce sanctuaire qui est localisé près d’un étang marécageux (les Gaulois assignaient aux étendues d’eaux mortes le séjour de leurs dieux).
Le sanctuaire a été créé au IIIème siècle av JC par des Belges qui viennent s’installer en Gaule. L’espace sacré, de 40 m de côté, est entouré d’une palissade de bois. A l’intérieur de cet enclos, tout autour de la palissade, un fossé de 2m50 de large et de 2m de profondeur est creusé. Ce fossé va jouer le rôle d’un dépotoir sacré pendant deux siècles, il va recevoir les vestiges des trophées pris aux vaincus et les restes des sacrifices d’animaux.

http://www.librosmaravillosos.com/losgrandesenigmas/imagenes/164b.jpg

Au centre du sanctuaire, on trouve une grande fosse entourée de neuf autres plus petites. Dans la grande fosse, on mettait à pourrir les carcasses des boeufs sacrifiés pour les dieux. Les neuf autres fosses auraient pu servir soit de dépôts provisoires d’armes soit de dépôts de victimes animales.
Deux sortes de sacrifices étaient pratiqués :
- le sacrifice aux dieux bienveillants : les hommes consommaient, de façon rituelle, la viande sacrifiée des moutons et porcs sous forme de gigots et jambons.
- le sacrifice chtonien : il s’adressait aux divinités infernales, les hommes ne participaient pas au festin dans ce cas. On mettait un vieux boeuf à mort, puis on le déposait à pourrir 6 à 8 mois dans la grande fosse centrale. La chair pourrissante devait constituer une nourriture pour les divinités souterraines qui veillaient à la fertilité des troupeaux. La putréfaction terminée, la fosse était soigneusement nettoyée et débarrassée de la carcasse qui était jetée dans le fossé de clôture. Les crânes des bovidés étaient exposés avec les crânes humains et les armes sur le porche, à l’entrée du sanctuaire. Les armes (boucliers, épées, fourreaux) étaient elles-mêmes sacrifiées, elles étaient pliées, tordues, cassées, découpées ou lacérées.  Toutes ces offrandes étaient liées en faisceau et une douzaine de crânes humains leur était associée. On ne sait pas exactement si les armes étaient celles prises à l’ennemi ou si elles étaient des offrandes des vainqueurs aux dieux.

http://pagesperso-orange.fr/mej/Images/histoire2/sacrifice.jpg

ules César: « Dans l’ensemble de la Gaule il ya deux classes d’hommes qui comptent et sont considérées ; car, pour le bas peuple, il n’y a guère que le rang d’esclave, n’osant rien par lui-même et n’étant consulté sur rien. La plupart, quand ils se voient accablés de dettes, écrasés d’impôts, en butte aux violences de gens plus puissants, ils se mettent au service des nobles, qui ont sur eux les mêmes droits que les maîtres sur les esclaves. Quant à ces deux classes dont nous parlions, l’une est celle des druides, l’autre des cavaliers ».
« Poussés par de si grands avantages, beaucoup viennent spontanément suivre leur enseignement, beaucoup leur sont envoyés par leurs parents et leurs proches. Là ils apprennent par coeur, à ce que l’on dit, un grand nombre de vers: aussi certains demeurent-ils vingt ans à leur école. Ils estiment que la religion interdit de confier ces cours à l’écriture, alors que pour le reste en général, pour les comptes publics et privés, ils se servent de l’alphabet grec… ce qu’ils cherchent surtout à persuader, c’est que les âmes ne meurent pas, mais passent après la mort d’un corps dans un autre ; cette croyance leur semble particulièrement propre à exciter le courage, en supprimant la crainte de la mort. Ils discutent aussi abondamment sur les astres et leur mouvement, sur la grandeur du monde et de la terre, sur la nature des choses, sur la puissance et le pouvoir des dieux immortels, et ils transmettent ces spéculations à la jeunesse ».
« Ils se servent pour ces sacrifices humains du ministère des druides ; ils pensent, en effet, que c’est seulement en rachetant la vie d’un homme par la vie d’un autre homme que la puissance des dieux immortels peut être apaisée. Ils ont des sacrifices de ce genre qui sont d’institution publique. Certains ont des mannequins d’une taille énorme, dont ils remplissent d’hommes vivants la carapace tressée d’osiers, l’on y met le feu, et les hommes périssent enveloppés par la flamme ».

Ces descriptions des sacrifices humains comme coutume religieuse celte a fait couler beaucoup d’encre et on a actuellement toujours du mal à cerner la part de vérité contenue dans les descriptions antiques. D’autant plus que Jules n’est pas le seul à parler de sacrifices humains. Pausanias accuse même les Celtes d’anthropophagie tandis qu’un autre auteur grec décrit des crânes accrochés aux portes des maisons et des sanctuaires. En ce qui concerne cette pratique, la numismatique, la statuaire et les fouilles archéologiques ont révélé l’importance symbolique de la tête coupée dans la culture celte.

- Le trophée de Ribemont-sur-Ancre (dans la Somme) :

Ribemont -sur-Ancre (Somme)

Responsable : Jean- Louis Brunaux

Découvert grâce aux photographies aériennes de Roger AGACHE dans les années 1960, le sanctuaire rural de Ribemont-sur-Ancre est l’un des plus vastes de la Gaule romaine. Mais ce sont ses vestiges de l’époque celtique qui en font un site unique en Europe.

Le sanctuaire celtique

L’objectif de la fouille protohistorique est

  • la mise en évidence de l’extension du site (actuellement il est reconnu sur près de trois hectares),
  • son identification (nous avons pu prouver qu’il ne s’agit pas d’un habituel sanctuaire mais d’un monument guerrier du type « trophée »),
  • enfin sa chronologie (la date de création est maintenant bien connue, entre 280 et 260 av. J.-C., il est réactivé au cours du Ier siècle av. J.-C., et définitivement démonté aux environs de -25). Parallèlement les vestiges humains et métalliques révèlent des gestes, des pratiques, complexes, très diversifiées, qu’il convient de décrypter.

Le sanctuaire gallo-romain

Les buts de la fouille du sanctuaire gallo-romain sont également

  • la reconnaissance des rites qui y étaient pratiqués et, à travers eux, celle de la population qui fréquentaient les lieux.

peinture murale

  • Dans cette optique l’étude architecturale et décorative des différents temples est imporante, elle révèle qu’on se trouve sur le lieu d’un culte public (conforme donc à la religion de Rome), certainement dépendant de la capitale de la cité gallo-romaine des Ambiens, Samarobriva, l’actuelle Amiens.
  • La chronologie des édifice confirme que la création, très précoce (-25) du premier sanctuaire dut répondre à une exigence politique qui fut entretenue jusqu’au Bas-Empire.

Il importe désormais de connaître la nature des immenses installations annexes qui encadrent sur près de 70 hectares ce gigantesque sanctuaire : s’agit-il d’annexes ou d’une petite agglomération ?

Voir en ligne : http://www.ribemontsurancre.cg80.fr/

Jean-Louis Brunaux a livré le secret de ce site qui a été longtemps considéré comme un sanctuaire. En fait, à  Ribemont-sur-Ancre, nous sommes en présence d’un trophée guerrier érigé à l’endroit d’une grande bataille. Cette bataille s’est déroulée vers 260 av JC, elle a opposé 10 000 fantassins et cavaliers : des peuples belges à des Gaulois, les Armoricains. Les Belges l’ont emporté et par la suite se firent appeler Ambiens.

Le trophée domine le paysage, il est tourné vers l’ouest, comme les enclos funéraires et est séparé du monde profane par un fossé. L’enclos était de forme polygonal et entouré d’un mur de 6 m de haut. Mais à l’extérieur de cet enclos on a aussi trouvé un espace cultuel. En fait, nous sommes en présence de deux trophées, celui des vainqueurs et celui des vaincus.
A l’extérieur de l’enclos, dans le trophée des vaincus, on a retrouvé des milliers d’os humains, en charnier, mélangés à deux cents pièces d’armement : boucliers, lances, épées. Ces os proviennent d’hommes solides, entre 15 et 40 ans, ils ont été transportés sur deux kilomètres et ont reçu des coups violents ayant pu entraîner des blessures mortelles. Les dépouilles de ces hommes, décapités, avec leurs armes, avaient été installées dans trois bâtiments en bois sur des planchers surélevés à claire-voie, ils étaient suspendus à des portiques, serrés les uns contre les autres, pour sécher. Après décomposition, quand les os étaient parfaitement nettoyés (au bout d’un an), ils étaient récupérés et traités rituellement. Après broyage, les os servaient d’offrande aux divinités chtoniennes (souterraines). Les os retrouvés en charnier proviennent des corps qui sont tombés accidentellement sur le sol lors de la décomposition, considérés comme impurs (souillés par le sol?), ils n’ont pas été traités pour les dieux.

Dans l’enclos polygonal fermé, le trophée des vainqueurs, on a retrouvé un véritable ossuaire : un empilement de membres humains et d’os de chevaux, environ deux mille os longs, agencés en une sorte d’autel cimenté par du torchis et de la terre. A l’intérieur de cet autel creux, on a retrouvé des milliers d’os humains minutieusement broyés et brûlés pour alimenter les divinités souterraines (il s’agit des os des vaincus mis à sécher dans le sanctuaire précédemment décrit). On a retrouvé aussi dans cet espace les os longs d’une vingtaine d’individus avec leurs armes et des céramiques appartenant aux vainqueurs. Des stèles en grès étaient associées aux dépouilles de ces valeureux guerriers. Les dépouilles de ces guerriers vainqueurs étaient décharnées à l’air libre par les oiseaux. Ce n’est qu’après ce traitement que les corps iront rejoindre les divinités et que l’emplacement sera transformé en lieu de culte. Flavius confirme cette pratique chez les Celtes des armées d’Hannibal “Si l’on veut que l’âme rejoigne les dieux, il faut laisser le vautour affamé se repaître des chairs”.

http://www.les-ambiani.com/photos/humour/sanctuairedcapnb0.jpg

Nous sommes donc en présence d’un lieu de mémoire qui met en évidence que la guerre est un acte divin pour les Celtes. Après le combat, le champ de bataille est transformé rituellement, le corps des morts doit revenir aux divinités tutélaires. Le vainqueur prélève la tête de sa victime et est autorisé à garder ce trophée personnellement. Le reste des dépouilles est ensuite transporté jusqu’au lieu de culte pour y être traité de la façon dont nous l’avons décrit plus haut, les vaincus n’étant pas traités de la même manière que les vainqueurs.
L’enclos des vaincus a été conservé pendant plus de deux siècles alors que celui des vainqueurs a été détruit rapidement : les os longs ont été récupérés, les murs de l’enceinte ont été abattus, incendiés et les restes des corps ont été jetés dans la tranchée de la palissade qui sera refermée. Mais à la périphérie de l’espace sacré des vainqueurs, des sacrifices d’animaux, des offrandes d’armes, des banquets vont perpétuer le souvenir des guerriers héroïsés durant deux siècles et demi.

http://www.diffusion.ens.fr/archeo/photostock/atfolder.2005-04-11.9263913825/20050217030209.jpg

(Ribemont-sur-Ancre)

- Les sacrifices humains d’Acy-Romance (Ardennes) :

Bernard Lambot a fait des découvertes singulières à Acy-Romance :
- Il met à jour, sur une vaste esplanade, 19 jeunes hommes, roulés en boule, la tête entre les jambes, avec des connexions anatomiques remarquablement conservées, et inhumés dans des fosses circulaires peu profondes. La position bizarre de ces corps s’explique par le fait qu’ils ont été momifiés naturellement dans un puits sec ventilé, de 7,60 m de profondeur, que l’on a retrouvé sous le temple. Les corps étaient placés dans une caisse, les mains liées derrière le dos, puis étaient descendus dans le puits jusqu’à dessiccation. Ainsi, les humeurs et fluides corporels pouvaient s’écouler dans la terre pour alimenter les divinités souterraines. Une fois remontés, les corps étaient à nouveau séchés dans un endroit aéré avant d’être inhumés.
- Un autre corps de jeune homme, les mains liées derrière le dos, a été retrouvé, dissimulé le long du mur d’une maison. La mort a été provoquée par un violent coup de hache asséné au temporal droit, alors qu’il était agenouillé.
- Trois (nombre symbolique) autres squelettes momifiés ont été découverts sur une autre place, inhumés en ligne, à 4 m les uns des autres, dans des fosses carrées. Ils étaient exposés face au soleil, assis en tailleur, le dos bien droit.
Ces morts, dans des postures particulières, inhumés (alors qu’à cette époque on incinère), sont pour B. Lambot des humains sacrifiés. Ces mises à mort ont eu lieu entre la fin du IIème siècle et le début du Ier siècle av JC, c’est-à-dire à une époque où les sacrifices humains n’étaient plus pratiqués. On peut donc se demander pourquoi les Gaulois ont transgressé l’interdit, s’agissait-il de conjurer une catastrophe naturelle? On peut aussi s’interroger sur l’identité des victimes : des esclaves, des prisonniers, des membres de la tribu?
J-L Brunaux se montre plus prudent pour parler de sacrifices humains. Si de nombreux auteurs antiques parlent des sacrifices humains des Gaulois, sont-ils fiables? Leur but n’est-il pas de prouver la barbarie des Celtes? D’ailleurs la pratique des sacrifices humains a existé aussi à Rome jusqu’au IIème siècle av JC. César explique la raison des sacrifices humains des Gaulois :  les divinités chtoniennes appellent des vies et en échange, elles rendent de nouvelles générations. Mais ce rite est accompli et contrôlé par les druides et à partir du IIème siècle av JC, on remplace ces sacrifices par la peine capitale. Donc, les vies à offrir aux dieux vont se recruter parmi les criminels. Pour J-L Brunaux, les dépouilles d’Acy-Romance relèvent plutôt de ces exécutions capitales (comme à Fesques) que de sacrifices humains. Les condamnés à mort étaient suspendus à des portiques jusqu’à ce qu’ils meurent car il était interdit de verser le sang.
B. Lambot pense, lui, qu’il s’agit de sacrifices car sur 19 jeunes gens exécutés, 11 l’ont été en hiver, à des périodes régulières, sur 80 ans.
Mais si sacrifices humains, il y avait, cela devait rester exceptionnel.
Sources principales : “nos ancêtres les Gaulois” Renée Grimaud. Ed Ouest-France.
Sciences et Avenir N° 662 AVRIL 2002

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Dans sa préface à sa Guerre des Boutons, Louis Pergaud abat les cartes d’entrée de jeu : « Foin des purs latins : je suis un Celte ». Et les enfants eux mêmes , en classe, retiennent sans problème « l’histoire des Gaulois qui étaient de grands batailleurs et qu’ils admiraient fort ».On nous décrit habituellement « la guerre des boutons » comme une chronique tendre de la France des années 60 où deux bandes de gamins, rivales, jouent à la guéguerre. C’est pas faux … mais est-ce qu’il ne serait pas possible d’aller un peu plus loin et d’y voir, aussi, une sorte de geste épique menée par des Gaulois d’aujourd’hui ?

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- Les Velrans, qui sont des calotins, et les Longevernes, qui sont des rouges , entretiennent depuis des générations, et sans trop se rappeler pourquoi, un antagonisme permanent.

En fait, les gaulois ont toujours aimé se flanquer sur la gueule : c’est une véritable institution culturelle mais qui répond en même temps à des nécessités économiques. Les Gaulois qui pratiquent le commerce, et qui ont développé l’agriculture à force d’innovations techniques semblent pourtant leur préférer les vertus guerrières puisqu’ils se définissent eux-mêmes avant tout comme des guerriers. Cicéron, caricatural, affirme qu’ils «  trouvent honteux de se procurer du blé par le travail. Aussi vont-ils, les armes à la main, couper la moisson sur les champs d’autrui ».. Même l’artisanat, pour lequel ils sont réputés, se voit disputer son importance dans les bases de l’économie par le butin et le mercenariat et chaque expédition rapporte une masse considérable de richesse, même si une bonne partie est donnée en offrande pour les divinités.

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- La guerre a été déclarée par des insultes, et ce sont encore les insultes qui président à la première confrontation , lancées par les chefs de chaque armée « revenant au mode antique ».

Les champions des armées gauloises (qui sont des troupes des pagi -c.a.d. approximativement des cantons- plutôt que des armées stricto sensu) se lancent des défis . Ils adressent les pires insultes à leurs adversaires et dressent la liste de leurs ancêtres en en vantant les exploits sur fond de cris de guerre, de sonneries de trompe et de martèlement des boucliers. Les Gaulois se livrent aussi à des danses guerrières pour impressionner l’ennemi et lui tirent ostensiblement la langue. Il est fort possible que Lebrac en montrant son cul à ses ennemis, ne fasse que retrouver un vieux geste déjà moult fois effectué par ses ancêtres, et inscrit dans ses gènes.

Pendant que les bardes font l’éloge des chefs.

Et que, parfois, les druides essaient de s’interposer pour proposer des solutions pacifiques.

Et quand rien n’a marché et que le combat général devient inéluctable, tout le monde se précipite à l’attaque.

Lebrac est le chef des Longeverne, l’Aztec des Gués celui des Velrans. Lebrac a un nom suffisamment parlant . Et on nous dit que l’Aztec doit son surnom à sa petite taille et à son apparence chétive, mais on sait que dans la littérature mythique irlandaise, le gué tient une place importante et qu’il est intimement lié aux héros. Cuchulainn notamment lors de la malédiction des Ulates à laquelle il est le seul à échapper, se positionne sur Ath Gabla (le Gué de la Fourche) de manière à repousser les troupes de la reine Medb (Razzia des Vaches de Cooley) …

Les Gaulois n’utilisaient pour désigner les personnes que des sortes de surnoms qui leur étaient attribués par la collectivité à la suite d’événements divers. C’est dire que ces désignations pouvaient changer au cours de la vie et qu’elles n’étaient pas héréditaires. Pour désigner des personnages influents, on avait ainsi tendance à utiliser des superlatifs flatteurs. L’exemple le plus significatif peut être et en tous cas le plus connu est celui de Vercingetorix :le roi des super-guerriers (Orgetorix « le roi des tueurs »,). On est ici gâté avec la profusion de surnoms et superlatifs : Migue la Lune, La Crique, Touegueule…

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Les sacrifices humains ont-ils existé chez les Gaulois ?

D’après « L’Histoire » n° 176. « Les sacrifices humains ont-ils existé » Jean-Louis Cadoux

« Leur irréflexion s’accompagne aussi de barbarie et de sauvagerie, comme si souvent chez les peuples du Nord : je pense à cet usage qui consiste à suspendre à l’encolure de leur cheval les têtes de leurs ennemis quand ils reviennent de la bataille, et à les rapporter chez eux pour les clouer devant les portes. [...] Ce furent les Romains qui mirent fin à ces coutumes, ainsi d’ailleurs qu’à toutes les pratiques de sacrifices et de divination contraires à nos usages; car ils [les Gaulois] cherchaient des présages dans les convulsions d’un homme, désigné comme victime, qu’on frappait dans le dos d’un coup d’épée. Ils ne sacrifiaient jamais sans qu’un druide fût présent. On cite aussi plusieurs formes de sacrifices humains chez eux : par exemple, on tuait certaines victimes à coups de flèches, ou on les crucifiait dans les temples, ou encore on confectionnait une effigie géante de paille et de bois, et après avoir jeté dedans des bestiaux et des animaux sauvages de tout genre et des hommes, ils en faisaient un holocauste.»
C’est ainsi que Strabon parle des Gaulois dans sa description du monde (« Géographie ») vers 18 ap JC.

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Cuervo profético para los galos

Selon Jean-Louis Cadoux, ce discours stéréotypé, qui voudrait faire des Gaulois des barbares sanguinaires, on le retrouve à quelques variantes près chez César qui inspirera d’autres auteurs. Mais César aurait recopié lui-même des sources grecques et en particulier, Posidonios d’Apamée (vers 135-51 av JC) qui avait voyagé en Gaule au début du Ier siècle av JC.

Tous les auteurs qui parlent de la Gaule reprendraient les mêmes clichés dans la mesure où ils puisent à la même source. Pour eux, la bravoure des Gaulois s’expliquerait par leur croyance en la métempsychose qui leur enlèverait toute peur de la mort, la vie n’étant qu’un passage intermédiaire. Cette présentation des choses servirait les Romains, elle justifierait la conquête et en présentant leurs adversaires comme des guerriers fanatisés par les druides, excuserait certains échecs cuisants des Romains.

Des détails sur les sacrifices humains proviennent également des Sholies de Berne, ajoutées à la Pharsale de Lucain. Il s’agit de notes explicatives d’un grammairien rédigées tardivement (au plus tôt au IVème siècle ap JC) sur des passages évoquant les dieux sanguinaires Teutatès, Esus, Taranis.

http://www.diffusion.ens.fr/archeo/photostock/atfolder.2005-04-11.7229300890/20050217030237.jpg/image

Reconstitution graphique de ce qui a été interprété comme un trophée érigé par des Celtes avec les corps décapités de leurs ennemis. (Ribemont-sur-Ancre, 2003)

On peut en proposer une traduction approximative :

« Voici chez les Gaulois ce qui satisfait Teutatès Mercure : un homme est plongé par la tête dans un bassin jusqu’à suffocation. Voici ce qui satisfait Hésus Mars : un homme est suspendu à un arbre jusqu’à ce que, avec écoulement de sang, ses membres se disjoignent [ou : jusqu'à ce qu'en le frappant, on lui ait arraché les membres]. Voici comment Taranis Dis Pater est satisfait chez eux : des hommes sont brûlés dans une sorte de ruche en bois».

En 1990, Jean-Louis Brunaux met en place un ambitieux programme de fouille sur l’un des sites les plus exceptionnels de l’Europe celtique, Ribemont-sur-Ancre (dans la Somme) où des armes gauloises et des ossements humains ont été découverts en grand nombre.
Depuis le début des années 2000, Jean-Louis Brunaux a entrepris la rédaction de synthèses plus larges sur la civilisation gauloise : Les religions gauloises , (Errance, 2000) ; Guerre et religion en Gaule, essai d’anthropologie celtique (Errance, 2004) ; Les Gaulois (Belles-Lettres, 2005) ; Les Druides, des philosophes chez les Barbares (Le Seuil, 2006).

Jean-Louis Brunaux
Les religions gauloises : nouvelles approches sur les rituels celtiques de la Gaule indépendante
Errance - 2000


La religion gauloise n’est plus aujourd’hui aussi mystérieuse qu’elle le fut, auterisant aussi bien les récupérations ésotériques les plus délirantes que les rêves nostalgiques des Romantiques d’hier. Ce livre explore un champ nouveau de la recherche, celui de l’anthropologie religieuse des Celtes. En exposant les résultats les plus spectaculaires de l’archéologie des vingt dernières années, il nous révèle ce qu’étaient les lieux de culte des Gaulois – des enceintes sacrées -, comment les dieux étaient honorés par des sacrifices animaux et de quelle façon les guerriers leur consacraient la victoire en des trophées monumentaux et macabres.
- 4ème de couverture -

http://image.radio-france.fr/chaines/france-culture/media/79c6c771d72949a4e2bf30d768e8dc4f.jpg

Jean-Louis Brunaux
Les druides, des philosophes chez les barbares
Seuil - 2006

Mais il faut se garder de prendre ce texte au pied de la lettre car il y a des incertitudes sur plusieurs mots. L’apport de l’archéologie, et en particulier les fouilles récentes sur les sanctuaires picards, renouvelle complètement l’approche de la religion gauloise. Jean-Louis Cadoux fait référence à un article de Jean-Louis Brunaux, « Les sanctuaires gaulois » qui fait le point sur les fouilles qu’il a menées sur le sanctuaire de Gournay-sur-Aronde, près de Compiègne, dans l’Oise. Dans les fosses, on a trouvé des moutons, des porcs et quelques chiens sacrifiés et consommés sur place. Mais les Gaulois avaient tué aussi des bovins qui, au lieu d ‘être consommés, avaient été déposés dans la fosse jusqu’au pourrissement. Il s’agit ici d’un rite assez rare qui consiste à nourrir les dieux du sous-sol avec la chair sacrifiée des victimes. Mais la fosse a livré aussi des armes brisées ou tordues et des os longs humains portant des traces de coups ou de découpe, des fragments de crâne humain ont été trouvés sur le sol près de l’entrée. François Poplin propose une explication : « des têtes coupées étaient accrochées au porche d’entrée, comme sur les piliers de Roquepertuse et d’Entremont ». On pense tout de suite qu’il pourrait s’agir des têtes des ennemis vaincus et prélevées sur le champ de bataille. On serait alors en présence de trophées, faits avec le corps et les armes d’ennemis décapités, placés dans les sanctuaires comme protecteurs du territoire nouvellement conquis. Les fouilles du site de Ribemont-sur-Ancre, près d’Amiens, permettent de confirmer cette hypothèse. Une soixantaine de corps sans tête, avec des armes, ont été retrouvés. La position des corps montre qu’ils sont tombés d’un support en hauteur. On peut imaginer ces corps pendus dans une sorte de grenier sur pilotis, les cadavres, dans ce milieu élevé et aéré, se seraient momifiés naturellement.

http://www.infojardin.com/fotos/albums/userpics/Muerdago~0.jpg

Rama de muérdago

Cette hypothèse des trophées pourrait remettre en question l’idée qu’il y ait eu des sacrifices humains massifs chez les Gaulois. Une appropriation de dépouilles n’est pas la même chose qu’un sacrifice humain.

De même, on peut s’interroger sur les découpes que l’on retrouve sur les cadavres dans les fosses, elles ne sont pas provoquées par des blessures de guerre, et pourquoi s’agit-il toujours des os des membres ? On pourrait en déduire des pratiques anthropophagiques ou plus probablement des coutumes funéraires de la conservation de certaines parties des corps des défunts : les membres pour alimenter des ossuaires et les têtes momifiées des ancêtres héroïsés, ce qui confirmerait l’hypothèse des crânes encloués en milieu d’habitat.

Il apparaît aussi que l’on pourrait retrouver dans ces fosses, pas seulement des hommes (des guerriers) mais aussi des femmes et des enfants.

Il faut donc être très prudent sur les sources littéraires qui présentent les Gaulois comme des sacrificateurs humains. On a certes retrouvé des fosses de cadavres humains décapités, reste à savoir si ces hommes ont été mis à mort pour les dieux ou s’il s’agit uniquement de cadavres prélevés sur le champ de bataille ou encore de défunts héroïsés (pensons au cultes de reliques, on n’hésitait pas alors à dépecer tel saint, le cœur étant vénéré à un endroit, le bras droit à un autre…)

D’après « L’Histoire » n° 176 (04/1994) « Les sacrifices humains ont-ils existé » Jean-Louis Cadoux

Druides et régents, les princes celtes du Glauberg ».
Longtemps considéré comme simple sépulture en l’honneur d’un prince celte, le tumulus du Glauberg a-t-il aussi été le théâtre de sacrifices humains ?

http://www.clio.fr/images/vignettes/PHOTOLISTE_20090709165135_france_statue_tricephale_600_.jpg

Estatua tricéfala gala

En 1996, la découverte d’une statue de grès à côté du tumulus du Glauberg semble confirmer que ce monticule de terre était bien un monument funéraire en l’honneur d’un prince celte.

Dans sa préface à sa Guerre des Boutons, Louis Pergaud abat les cartes d’entrée de jeu : « Foin des purs latins : je suis un Celte ». Et les enfants eux mêmes , en classe, retiennent sans problème « l’histoire des Gaulois qui étaient de grands batailleurs et qu’ils admiraient fort ».On nous décrit habituellement « la guerre des boutons » comme une chronique tendre de la France des années 60 où deux bandes de gamins, rivales, jouent à la guéguerre. C’est pas faux … mais est-ce qu’il ne serait pas possible d’aller un peu plus loin et d’y voir, aussi, une sorte de geste épique menée par des Gaulois d’aujourd’hui ?

gaulois_cheval_petit_palais

- Les Velrans, qui sont des calotins, et les Longevernes, qui sont des rouges , entretiennent depuis des générations, et sans trop se rappeler pourquoi, un antagonisme permanent.

En fait, les gaulois ont toujours aimé se flanquer sur la gueule : c’est une véritable institution culturelle mais qui répond en même temps à des nécessités économiques. Les Gaulois qui pratiquent le commerce, et qui ont développé l’agriculture à force d’innovations techniques semblent pourtant leur préférer les vertus guerrières puisqu’ils se définissent eux-mêmes avant tout comme des guerriers. Cicéron, caricatural, affirme qu’ils «  trouvent honteux de se procurer du blé par le travail. Aussi vont-ils, les armes à la main, couper la moisson sur les champs d’autrui ».. Même l’artisanat, pour lequel ils sont réputés, se voit disputer son importance dans les bases de l’économie par le butin et le mercenariat et chaque expédition rapporte une masse considérable de richesse, même si une bonne partie est donnée en offrande pour les divinités.

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- La guerre a été déclarée par des insultes, et ce sont encore les insultes qui président à la première confrontation , lancées par les chefs de chaque armée « revenant au mode antique ».

Les champions des armées gauloises (qui sont des troupes des pagi -c.a.d. approximativement des cantons- plutôt que des armées stricto sensu) se lancent des défis . Ils adressent les pires insultes à leurs adversaires et dressent la liste de leurs ancêtres en en vantant les exploits sur fond de cris de guerre, de sonneries de trompe et de martèlement des boucliers. Les Gaulois se livrent aussi à des danses guerrières pour impressionner l’ennemi et lui tirent ostensiblement la langue. Il est fort possible que Lebrac en montrant son cul à ses ennemis, ne fasse que retrouver un vieux geste déjà moult fois effectué par ses ancêtres, et inscrit dans ses gènes.

Pendant que les bardes font l’éloge des chefs.

Et que, parfois, les druides essaient de s’interposer pour proposer des solutions pacifiques.

Et quand rien n’a marché et que le combat général devient inéluctable, tout le monde se précipite à l’attaque.

Lebrac est le chef des Longeverne, l’Aztec des Gués celui des Velrans. Lebrac a un nom suffisamment parlant . Et on nous dit que l’Aztec doit son surnom à sa petite taille et à son apparence chétive, mais on sait que dans la littérature mythique irlandaise, le gué tient une place importante et qu’il est intimement lié aux héros. Cuchulainn notamment lors de la malédiction des Ulates à laquelle il est le seul à échapper, se positionne sur Ath Gabla (le Gué de la Fourche) de manière à repousser les troupes de la reine Medb (Razzia des Vaches de Cooley) …

Les Gaulois n’utilisaient pour désigner les personnes que des sortes de surnoms qui leur étaient attribués par la collectivité à la suite d’événements divers. C’est dire que ces désignations pouvaient changer au cours de la vie et qu’elles n’étaient pas héréditaires. Pour désigner des personnages influents, on avait ainsi tendance à utiliser des superlatifs flatteurs. L’exemple le plus significatif peut être et en tous cas le plus connu est celui de Vercingetorix :le roi des super-guerriers (Orgetorix « le roi des tueurs »,). On est ici gâté avec la profusion de surnoms et superlatifs : Migue la Lune, La Crique, Touegueule…

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- Dès la première bataille, un prisonnier est fait par les Longevernes auquel on coupe tous les boutons de tous ses vêtements et la troupe rentre au bercail en chantant et brandissant les trophées. Pour les batailles suivantes, l’ennemi s’alignera sur cette mesure de rétorsion et les uns et les autres en arriveront à piquer carrément les vêtements des prisonniers.

A part la main droite que César fit couper à tous les rescapés gaulois d’Uxellodunum, dans l’Antiquité Celte, c’était plutôt la tête de celui qu’on venait de tuer qu’on coupait , et qu’on attachait à l’encolure du cheval : ce trophée était l’unique part de l’ennemi tué qui revenait à son vainqueur puisque ses armes et les restes de la dépouille étaient ramenés triomphalement et entreposés dans le sanctuaire en offrande aux dieux, mais le nombre qu’il en pouvait aligner témoignait de sa bravoure et lui donnait droit à une part du butin.

A l’issue du combat donc, les vainqueurs entamaient un chant de victoire, s’emparaient de tout ce qu’ils pouvaient sur le champ de bataille, dépouillaient les cadavres et prélevaient les têtes qu’ils ramenaient chez eux afin de les conserver.

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- La bataille a lieu dans les bois et les belligérants se reconnaissent par des cris d’oiseaux, le tirouit de la perdrix grise…

La Gaule était réputée pour être recouverte de forêts (la Gaule chevelue), même si la surface qu’elles occupaient était sensiblement la même qu’aujourd’hui. Si les Gaulois s’y sentaient parfaitement à l’aise, les romains en revanche redoutaient la forêt. Il y a un texte où Lucain montre bien la terreur qu’elle pouvait leur inspirer (« … les rayons du soleil ne peuvent percer les épais feuillages et une obscurité glaciale règne en permanence dans cette forêt où, dit-on, chaque arbre a été arrosé par des flots de sang humain… »). On connait aussi le Kad Goddeu, ou Combat des Arbres, de Taliésin.

De même les oiseaux avaient une grande importance pour les Gaulois, ils étaient souvent divinisés. L’alouette (alauda) : avait donné son nom à une légion gauloise formée par César. Les chouans avait comme signe de ralliement le hululement de la chouette.

- Ils décident de se battre nus mais vont rapidement y voir plus d’inconvénients que d’avantages. Décideront donc de garder leurs vêtements pour les affrontements mais décident aussi de constituer un trésor de guerre pour réparer les dommages (boutons, agrafes, bretelles, argent…)

On ne sait pas trop ce qu’il en est de cette histoire du combat nu : légende ou réalité ?… C’est peut être arrivé mais ça devait être tributaire de l’époque, des circonstances, etc… S’ils combattaient nus, c’était pour narguer les adversaires mais cette attitude devait surtout relever d’une raison religieuse : les guerriers offraient ainsi leur vie à leur tribu et aux dieux qui étaient censés les regarder combattre.Pourtant, ce n’est quand même pas très pratique et ça peut être douloureux (difficile de combattre efficacement avec une épine dans le pied) : ils portaient un casque, se protégeaient d’un bouclier, et dès le IIIe siècle avant notre ère ils avaient inventé la cote de maille. Avec naturellement de grandes disparités entre d’une part les princes, nobles et guerriers fortunés, et d’autre part les troupes à pied.

Comme pour toute armée en mouvement les gaulois établissaient de la même manière des bivouacs où il s’agissait de préparer la nourriture, réparer le matériel endommagé, panser d’éventuelles blessures.

- Ils suivent une stratégie militaire et tendent des pièges subtils

On est habitué à entendre dire que les Gaulois étaient tout sauf disciplinés. On s’imaginerait donc, dans les batailles, une meute de brutes se précipitant vers l’ennemi, sans méthode et tout le monde en train de se taper dessus dans une mêlée indescriptible. Et pourtant les troupes gauloises ont une connaissance parfaite de manœuvres difficiles, telles que le combat de cavalerie, la phalange, et la tortue et César laisse deviner une image des Gaulois qui utilisent des tactiques militaires classiques. et se plient à une authentique stratégie, parfois calculée à long terme.

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- Le trésor de guerre est constitué et sera entreposé dans une cabane construite au fond des bois, avec une « fougue joyeuse » et un « frénétique enthousiasme » surpassant ceux des Celtes, jadis « narguant le tonnerre à coups de flèches ». C’est Marie, la « femme » du chef, qui présidera aux réparations et aux pansements. Mais en attendant, tout le monde décide d’inaugurer la cabane par un festin somptueux.

On se retrouve là dans une « situation » de bivouac où les femmes attendent les guerriers à l’issue des combats (quand elles ne participent pas elles mêmes à ces combats). Mais il y a aussi le festin qui est également caractéristique du retour des batailles et il semble que la seule distraction que les textes accordent au peuple est « l’assemblée », de quelque nature que ce soit . Au plaisir matériel de la bonne chair et du repas proprement dit, s’ajoute le plaisir intellectuel du verbe où bavardages et vantardises sont la règle. Et où, l’alcool aidant, les susceptibilités sont toujours promptes à s’ exacerber.

- Mais un jour, en rentrant à leur camp, ceux de Longeverne s’inquiètent de ce qu’ils sont survolés par une bande de corbeaux croassant et trouvent leur cabane dévastée et le trésor volé : Ils ont été trahis. Le renégat est rapidement démasqué, impitoyablement puni et un peu plus tard le trésor récupéré. Mais l’épopée est terminée, et le livre aussi

Le corbeau, oiseau d’Odin mais aussi oiseau de Lug. Oiseau du soleil et de la lumière en même temps que celui des ténèbres et des mystères. Symbole de connaissance. Il a toujours été plus ou moins considéré comme un augure. Il est dit qu’il était une fois (et par cette formule, on voit bien qu’on rentre de plain pied dans le mythe), sous le règne du grand roi Ambigatos… La Gaule était devenue si riche et si peuplée qu’il était devenu bien difficile de gouverner la masse de ses habitants. Ambigatos décida donc de faire partir ses neveux, en quête de nouveaux territoires (on dit aussi qu’ils étaient remuants et ambitieux et qu’il était donc plus prudent de les éloigner avant la mort du Roi). Acceptant de se soumettre au sort, ceux ci se rendirent chez un oracle, vivant à l’embouchure de la Loire, dont les deux corbeaux sacrés, par leur vol, leur assignèrent chacun une direction à prendre. Ségovèse partit vers l’est et la forêt hercynienne formant l’avant garde de ceux qui allaient en Asie Mineure fonder l’empire des Galates et Bellovèse vers l’Italie pour fonder la Gaule Cisalpine.

Les Gaulois n’étaient pas plus tendre que les autres peuples avec les déserteurs les traitres et les parjures et les moins coupables « n’étaient que » éborgnés ou essorillés…

Un dernier mot sur le titre que j’ai choisi : cet « à cul les Velrans« , le cri de guerre de ceux de Longeverne, correspond bien à cette exclamation gauloise « Cecos ac Caesar » : Merde à César !…. et donc par une analogie qui me tient, aujourd’hui, tout particulièrement à cœur (désolé pour le Hors Sujet apparent) : « Mort aux Cons !!!«

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vercingetorix

Après deux mois de siège,52 ans avant notre ère, Vercingetorix capitule à Alésia le 27 septembre. Les Gaulois sont vaincus et la Gaule est intégrée à l’ empire romain.

Selon Pierre Lance (« Alésia, un choc de civilisations »), « la défaite d’Alésia est une allégorie qui restitue l’image de toutes les défaites gauloises, tant militaires qu’idéologiques, jusqu’à 1940 inclusivement, mais qui, plus encore, symbolise toutes les défaites du Celte de toujours devant une « civilisation de l’artifice » et une « religion du système » qui, depuis plus de vingt siècles, trahissent toute espèce de nature et de réalité.

C’est la défaite de l’individualiste devant le collectivisme, du régionaliste devant le centralisme, du panthéiste devant le monothéisme, du spiritualiste devant le matérialisme, de l’Occidental devant l’orientalisme, du villageois devant la mégapole, du citoyen devant la bureaucratie, du créateur devant le technocrate, de l’artisan devant le robotisme, de la maison individuelle devant le grand ensemble … Que sais-je encore ! Bref, c’est la défaite de l’homme libre devant toutes les formes de tyrannie : politique, économique, spirituelle. En un mot c’est la défaite de l’Esprit.

C’est dire que cette défaite est celle de tous les hommes. Et c’est pourquoi elle exige la revanche sans laquelle on pourrait désespérer de l’avenir de l’humanité. (…)

Aujourd’hui, nous voyons s’élaborer de grands blocs humains dont certains dirigeants rêvent manifestement d’imposer leur loi à toute la planète, soit au nom d’idéologies ou de religions totalitaires, soit pour le seul goût du pouvoir, ou bien encore mus par un mélange de tout cela. Les hommes libres doivent donc, plus que jamais, se préparer à défendre, envers et contre tous, le droit sacré des individus et des peuples à disposer d’eux-mêmes, et, dans toute l’Histoire, aucun peuple ne sut mieux en affirmer les principes et en jeter les bases que nos ancêtres les Gaulois. »

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Le corbeau des batailles

Keltos, t.1 (Jean-Pierre Pécau. Igor Kordey. Len O’Grady. Ed. Delcourt)

Keltos tome 1

En 279 avant notre ère, 50 000 Celtes traversent la Grèce, écrasent une armée grecque aux Thermopyles et mettent le siège devant Delphes, la ville sacrée. D’où venaient-ils ? Qui les commandaient ? Pour quelle raison avaient-ils choisi d’entamer cette expédition contre les descendants d’Alexandre le Grand ?

L’histoire : Aux abords de la mer méditerranée, près de Massalia, en 280 avant J.C., un mystérieux guerrier se dirige vers le couchant. Faisant route pour Ker Ys, capitale des Abrincates, le prince Ursus vient avertir le roi Mordred, son frère, que des envahisseurs, les cimbres, se dirigent vers la ville. Mais il se heurte à l’incrédulité de son souverain. Mordred accepte cependant de consulter les oracles en procédant à un sacrifice. Ursus se rend au sanctuaire et découvre avec stupeur que c’est son porte lance, Yber, qui a été désigné comme victime du sacrifice. Après lui avoir tranché la gorge, l’oracle observe le sang d’Yber et prédit que le danger ne viendra pas du couchant mais du levant ! Le soir venu, Ursus trouve un peu de réconfort auprès de Morgan, sa sœur, qui lui confie avoir eu des visions dans lesquelles elle voyait son frère fuir vers le levant afin de fonder un nouveau royaume, mais d’échouer avant d’y réussir. Le lendemain, le mystérieux guerrier arrive à la capitale, en ayant au préalable tué le champion de la forêt. Dès son arrivée, des craintes se font sentir car il vient du côté du levant…

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Tumba de un príncipe celta

En 2005, la mise au jour non loin de là d’un grand nombre d’ossements mêlés à des tessons de poterie, des résidus de charbon de bois et divers objets de métal intrigue pourtant les archéologues. L’équipe de chercheurs qui examine les fouilles en laboratoire découvre que les squelettes portent des marques de violence. Pas de traces, en revanche, de germes mortels témoignant d’une épidémie et qui justifieraient une sépulture commune, creusée à la hâte et sans mobilier funéraire. Une autre piste, qui repart des objets trouvés dans la tombe du régent, mène alors en France sur le plateau de Langres, où les Celtes adoraient la plus puissante déesse de leur panthéon, Sequana. Le site du Glauberg n’aurait-il pas été lui aussi un lieu de culte dont le druide n’était autre que le régent représenté sur la statue ? Et si l’on en croit les écrits de Jules César, les offrandes aux dieux celtiques incluaient aussi des sacrifices humains…

vercingetorix

Après deux mois de siège,52 ans avant notre ère, Vercingetorix capitule à Alésia le 27 septembre. Les Gaulois sont vaincus et la Gaule est intégrée à l’ empire romain.

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